Jeudi 7 juin 4 07 /06 /Juin 21:50
- Publié dans : l'assistantesociale - Par assistantesociale

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Dans l'exercice de ma profession comme dans la vie, j'adore saisir les opportunités de sortir des sentiers battus. Lorsque j'en ai le temps et que cela me semble nécessaire, je propose aux personnes que je rencontre de les accompagner dans leurs démarches, d'en faire un peu plus qu'habituellement. Je trouve que c'est l'un des avantages à travailler en service social des personnels et je ne m'en prive pas. Cela donne tout de suite une autre envergure au mot "accompagnement" qui, dans de nombreuses circonstances ne reste malheureusement reste qu'un terme pompeux et galvaudé, une ambition vaine.

 

Cela dit, je m'emballe parfois un peu vite et arrivé le jour J, je me demande généralement ce que je fais là,  je regrette presque de ne pas avoir tourné sept fois ma langue dans ma bouche comme me l'a appris ma maman. Merci maman.

 

Ce fut le cas, notamment lorsque je me retrouvais avec le chien de monsieur H à la maison, ou lorsque je dû faire seule l'inventaire de l'appartement d'un agent récemment décédé qui n'avait pas de famille *.

 

Autant vous dire que le vendredi 18 mai, alors qu'une fois de plus je zappais un pont pour une journée à Montargis et que j'attendais Monsieur P. sur le quai du métro à 8h30, j'avais comme un petit sentiment de dans-quelle-galère-tu-t'es-encore-fourrée-ma-vieille qui me nouait le ventre.

 

Cette fois-ci, Monsieur P. n'avait pas intérêt à me poser un lapin : j'avais sélectionné puis organisé d'une main de maître pas moins de 5 visites d'appartement. J'avais prévu les trajets, contacté le syndicat d'initiative pour connaître les horaires de bus, obtenu un plan de la ville. Bref, j'étais prête à trouver à Monsieur P. un logis coûte que coûte.

 

Je sais que vous auriez adoré (je n'ignore pas votre tendance vicieuse) que je vous raconte mes mésaventures à Montargis. Mais je suis au regret de vous dire que tout s'est très bien passé. Montargis est une ville ravissante. J'ai même eu le loisir de m'y balader seule alors que j'avais donné un quartier libre à Monsieur P. entre deux visites.

 

Monsieur P. a trouvé son bonheur sans que j'ai besoin de le menacer et j'ai accompli ma mission sans encombre.

Il ne reste plus qu'à organiser le déménagement, penser à l'assurance, au renvoi de courrier, aux changements d'adresse, achat de l'électroménager, d'un lit et du minimum vital pour s'installer (oui vous l'avez compris, Monsieur P part de zéro et est un grand enfant pour qui établir un devis chez Conforama relève du défi. Et dont le curateur est injoignable.)

 

Je suis bien heureuse d'avoir remporté mon pari et je le serai encore davantage, lorsque Monsieur P. sera parti.

 

*Vous pouvez retrouver ces anecdotes dans mon livre, Chroniques de vies ordinaires - Fleuve Noir

 

 

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Lundi 7 mai 1 07 /05 /Mai 21:21
- Par assistantesociale

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Ce matin, fait exceptionnel et alors que certains faisaient le pont, je me suis levée à 6 heures.

 

Je m'étais en effet rendue compte hier soir que j'avais oublié le dossier de monsieur P. au bureau alors que nous devions aujourd'hui fêter ensemble le résultat des élections aller à Montargis-les-Bains lui trouver un appartement pour sa retraite prochaine.

 

Mais voici plutôt le récit de mon attente, comme si vous y étiez :

 

7h15 tapantes : je suis devant le bureau. Une première, croyez-moi. Et c'est à cette occasion que je découvre que mon badge n'actionne pas la porte de l'immeuble avant 8h00. Me voici ainsi à la recherche d'un agent de sécurité qui aurait la charité de me prêter son badge. Jamais je n'aurais penser pleurer un jour pour pénétrer sur mon lieu de travail. Ça doit être l'effet Hollande. Il est trop fort, ce François.

 

 7h45 : je repars avec mon dossier contenant les coordonnées de toutes les agences avec lesquelles nous avions rendez-vous dans la journée.

 

8h20 : j'attends monsieur P. avec dix minutes d'avance sur le quai du métro, lieu de notre rendez-vous.

 

8h25 : personne. Tiens, j'aurais pensé qu'il serait en avance.

 

8h28 : j'ai finis de lire le 20 minutes depuis longtemps. Je vais plutôt guetter, je n'aimerais pas le louper.

 

8h30 : les métros défilent, mais pas de Monsieur P. en vue. Hum. Du calme, on est dans les temps.

 

8h35 : peut-être m'attend-il à l'autre bout du quai ? Ça m'est déjà arrivé, ça, d'attendre quelqu'un d'un côté alors que la personne m'attend sagement de l'autre. Vraiment ballot.

 

8h36 : j'ai arpenté trois fois le quai, qui n'est quand même pas si long. Je confirme : pas de Monsieur P.

 

8h40 : à tous les coups il m'attend dehors, le bougre d'âne (je sais, c'est pas très pro, mais à ce stade, comprenez-moi, je suis un peu stressée)

 

8h45 : j'ai fait le tour des sorties de métro, des cafés alentours, des bancs du coin. Personne.

 

8h50 : j'appelle enfin chez Monsieur P. (il n'a pas de téléphone portable, sinon ça serait trop simple). Au bout de dix sonneries, un Monsieur P. endormi me répond :

 

- Ah ! Madame Agha ! C'était aujourd'hui le rendez-vous ? Ahhh c'est donc pour ça que vous n'êtes pas venue samedi !

- Samedi ?

- Ah ben oui, je vous ai attendue, comme vous avez dit, sur le quai du métro. A 8h30. Samedi matin. Mais vous n'êtes pas venue ! Je comprends mieux maintenant...Ah ! C'est pour çaaaa !

 

Et oui, c'était pour ça.

Bof, c'est pas grave, ça n'est jamais que partie remise, hein.

 

(Chouette.)

 

(J'ai hâte.)

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Vendredi 6 avril 5 06 /04 /Avr 23:30
- Publié dans : l'assistantesociale - Par assistantesociale

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C'était une journée comme les autres. Réunion, rendez-vous, rendez-vous, rendez-vous, réunion, rendez-vous.

 

Les assistantes sociales vous le diront, c'est souvent le vendredi soir, vers 16h30 que les situations les plus sympathiques frappent à la porte du service social. Pour ma part, je n'ai pas trop à me plaindre : évoluant dans le monde de l'entreprise, ça fait bien longtemps que je ne me suis pas retrouvée avec un enfant sur les bras à placer en urgence.

 

Pourtant c'est bien ce soir, à 16h30, que Monsieur M. est arrivé. Monsieur M., un peu gentil, un peu simplet, avait quitté l'hôtel dans lequel il habitait depuis des années pour louer un petit studio qu'il avait dû à son tour quitter car la Préfecture avait ordonné au propriétaire de faire les travaux nécessaires avant de le louer. Seul au monde, il avait passé les quelques nuits dans un hôtel miteux et avait y dépensé ses derniers euros.

 

C'est vers 17h que j'ai compris : Monsieur M. allait passer son week-end de Pâques dehors et il dormirait sur un banc.

 

C'est ainsi que j'ai eu la joie de renouer avec le Samu Social.

 

(Vous êtes bien en ligne avec le Samu Social, toutes nos lignes sont actuellement occupées, nous vous remercions de bien vouloir renouveler votre appel ultérieurement-Vous êtes bien en ligne avec le Samu Social, toutes nos lignes sont actuellement occupées, nous vous remercions de bien vouloir renouveler votre appel ultérieurement-Vous êtes bien en ligne...ça va, j'ai compris .)

 

A 17h30, alors que j'étais en train de me dire qu'il valait mieux lui conseiller de s'acheter une couverture polaire, un miracle s'est produit.

 

"Allô, oui bonjour, je suis le collègue de Monsieur M., je sais qu'il dort dehors en ce moment. Je ne peux pas le laisser comme ça, il n'a qu'à venir chez moi."


J'ai dû le faire répéter deux fois pour être sûre d'avoir bien compris.

 

C'est sur ces entrefaites que j'ai quitter mon bureau vers 17h45, bien décidée à laisser Monsieur M. et tous les autres derrière moi, en allant chercher n°2 au centre de loisirs.

 

En arrivant sur le quai du métro, j'ai vite deviné qu'un truc ne tournait pas rond.

 

"Blablabla...accident de voyageur sur la ligne... trafic suspendu pour une durée indéterminée..."


Ne paniquons pas. Le centre de loisir ferme à 18H30. Rationalisons. Mon mari est au boulot, n°1 n'a pas de portable...J'ai le temps de rentrer à pied. Il y a une trotte, mais ça se tente, je l'ai déjà fait en 45 minutes.

 

Me voilà partie dans un semi-marathon. Au bout d'un kilomètre ou deux, je croise une borne de vélo, et là je me dis que youhou, vive les vélib', j'irai deux fois plus vite.

 

Bon, ça fait un bail que je n'ai pas pédalé. Que je n'ai pas fait de sport, non plus. J'avais justement décidé d'en faire ce week-end, ça me fera un genre d'échauffement.

 

Et oh ! Mon dieu ! J'avais oublié à quel point il fallait grimper pour rentrer chez moi.

 

Je slalome tantôt sur les trottoirs (je sais c'est mal -pas plus tard qu'hier j'ai failli incendier un cycliste qui a m'a quasiment renversée sans sourciller- mais moi je dois récupérer mon fils, une urgence majeure, c'est différent), tantôt entre les voitures. Je m'imagine accidentée, embarquée aux urgences et mon fils en pleurs,  embarqué de son côté au commissariat.

 

Je pédale autant que je peux et ça ne doit pas être beaucoup, parce que j'ai bien l'impression de faire du sur place.

En nage,  alors que je  rassemble toutes mes forces pour gravir la côte,  mon siège se met à descendre, descendre, descendre, jusqu'à ce que je me retrouve avec le guidon au niveau du menton. (je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ça (à 8'54))

 

Alors qu'à côté de moi passent des vélibiens, arpentant la pente la jambe légère, en sifflotant.

 

Tel Bernard Hinault affrontant  le Mont Gerbier de Jonc, j'entame la dernière ligne droite, mes muscles sont tétanisés, j'ai le souffle court, je suis rouge écarlate.

 

L'heure tourne beaucoup plus vite que les roues de mon vélo.

 

Il me reste encore à affronter le trottoir bondé de la rue en sens unique que j'ai été dans l'obligation d'emprunter (j'ai dû passer mon code dans une vie antérieure - heureusement que je n'ai pas encore mon permis de conduire : je n'ose imaginer la même scène en voiture).

 

A 18h28, je franchis la porte de l'école. Je passe devant un groupe d'enfants sans même apercevoir mon fils parce que je le pense dans le préau.

 

Le pauvre gosse ne comprend pas et fond en larmes.

 

C'est sur des jambes flageolantes que je ramène l'enfant au bercail.

 

En arrivant, je suis surprise de trouver la porte ouverte. C'est que mon mari a finalement travaillé depuis la maison, aujourd'hui.

 

"Pourquoi ne m'as-tu pas appelé ?" me demande t-il alors que je lui conte mes mésaventures, "J'aurais pu aller le chercher".

 

Plutôt que d'aller courir, demain matin, je crois que je vais plutôt me reposer. Et méditer sur tout cela.

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Mercredi 21 mars 3 21 /03 /Mars 14:14
- Par assistantesociale

Vous pouvez aussi me retrouver là (cliquez sur l'image)

 

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Je reviendrais ici, de temps en temps. En attendant, vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : valerie.agha@gmail.com

 

à bientôt, ici ou là !

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