Ce matin, fait exceptionnel et alors que certains faisaient le pont, je me suis levée à 6 heures.
Je m'étais en effet rendue compte hier soir que j'avais oublié le dossier de monsieur P. au bureau alors que nous devions aujourd'hui fêter ensemble le résultat des élections aller à
Montargis-les-Bains lui trouver un appartement pour sa retraite prochaine.
Mais voici plutôt le récit de mon attente, comme si vous y étiez :
7h15 tapantes : je suis devant le bureau. Une première, croyez-moi. Et c'est à cette occasion que je découvre que mon badge n'actionne pas la porte de l'immeuble avant 8h00. Me voici ainsi à la recherche d'un agent de sécurité qui aurait la charité de me prêter son badge. Jamais je n'aurais penser pleurer un jour pour pénétrer sur mon lieu de travail. Ça doit être l'effet Hollande. Il est trop fort, ce François.
7h45 : je repars avec mon dossier contenant les coordonnées de toutes les agences avec lesquelles nous avions rendez-vous dans la journée.
8h20 : j'attends monsieur P. avec dix minutes d'avance sur le quai du métro, lieu de notre rendez-vous.
8h25 : personne. Tiens, j'aurais pensé qu'il serait en avance.
8h28 : j'ai finis de lire le 20 minutes depuis longtemps. Je vais plutôt guetter, je n'aimerais pas le louper.
8h30 : les métros défilent, mais pas de Monsieur P. en vue. Hum. Du calme, on est dans les temps.
8h35 : peut-être m'attend-il à l'autre bout du quai ? Ça m'est déjà arrivé, ça, d'attendre quelqu'un d'un côté alors que la personne m'attend sagement de l'autre. Vraiment ballot.
8h36 : j'ai arpenté trois fois le quai, qui n'est quand même pas si long. Je confirme : pas de Monsieur P.
8h40 : à tous les coups il m'attend dehors, le bougre d'âne (je sais, c'est pas très pro, mais à ce stade, comprenez-moi, je suis un peu stressée)
8h45 : j'ai fait le tour des sorties de métro, des cafés alentours, des bancs du coin. Personne.
8h50 : j'appelle enfin chez Monsieur P. (il n'a pas de téléphone portable, sinon ça serait trop simple). Au bout de dix sonneries, un Monsieur P. endormi me répond :
- Ah ! Madame Agha ! C'était aujourd'hui le rendez-vous ? Ahhh c'est donc pour ça que vous n'êtes pas venue samedi !
- Samedi ?
- Ah ben oui, je vous ai attendue, comme vous avez dit, sur le quai du métro. A 8h30. Samedi matin. Mais vous n'êtes pas venue ! Je comprends mieux maintenant...Ah ! C'est pour çaaaa !
Et oui, c'était pour ça.
Bof, c'est pas grave, ça n'est jamais que partie remise, hein.
(Chouette.)
(J'ai hâte.)

