Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 21:21
- Par assistantesociale

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Ce matin, fait exceptionnel et alors que certains faisaient le pont, je me suis levée à 6 heures.

 

Je m'étais en effet rendue compte hier soir que j'avais oublié le dossier de monsieur P. au bureau alors que nous devions aujourd'hui fêter ensemble le résultat des élections aller à Montargis-les-Bains lui trouver un appartement pour sa retraite prochaine.

 

Mais voici plutôt le récit de mon attente, comme si vous y étiez :

 

7h15 tapantes : je suis devant le bureau. Une première, croyez-moi. Et c'est à cette occasion que je découvre que mon badge n'actionne pas la porte de l'immeuble avant 8h00. Me voici ainsi à la recherche d'un agent de sécurité qui aurait la charité de me prêter son badge. Jamais je n'aurais penser pleurer un jour pour pénétrer sur mon lieu de travail. Ça doit être l'effet Hollande. Il est trop fort, ce François.

 

 7h45 : je repars avec mon dossier contenant les coordonnées de toutes les agences avec lesquelles nous avions rendez-vous dans la journée.

 

8h20 : j'attends monsieur P. avec dix minutes d'avance sur le quai du métro, lieu de notre rendez-vous.

 

8h25 : personne. Tiens, j'aurais pensé qu'il serait en avance.

 

8h28 : j'ai finis de lire le 20 minutes depuis longtemps. Je vais plutôt guetter, je n'aimerais pas le louper.

 

8h30 : les métros défilent, mais pas de Monsieur P. en vue. Hum. Du calme, on est dans les temps.

 

8h35 : peut-être m'attend-il à l'autre bout du quai ? Ça m'est déjà arrivé, ça, d'attendre quelqu'un d'un côté alors que la personne m'attend sagement de l'autre. Vraiment ballot.

 

8h36 : j'ai arpenté trois fois le quai, qui n'est quand même pas si long. Je confirme : pas de Monsieur P.

 

8h40 : à tous les coups il m'attend dehors, le bougre d'âne (je sais, c'est pas très pro, mais à ce stade, comprenez-moi, je suis un peu stressée)

 

8h45 : j'ai fait le tour des sorties de métro, des cafés alentours, des bancs du coin. Personne.

 

8h50 : j'appelle enfin chez Monsieur P. (il n'a pas de téléphone portable, sinon ça serait trop simple). Au bout de dix sonneries, un Monsieur P. endormi me répond :

 

- Ah ! Madame Agha ! C'était aujourd'hui le rendez-vous ? Ahhh c'est donc pour ça que vous n'êtes pas venue samedi !

- Samedi ?

- Ah ben oui, je vous ai attendue, comme vous avez dit, sur le quai du métro. A 8h30. Samedi matin. Mais vous n'êtes pas venue ! Je comprends mieux maintenant...Ah ! C'est pour çaaaa !

 

Et oui, c'était pour ça.

Bof, c'est pas grave, ça n'est jamais que partie remise, hein.

 

(Chouette.)

 

(J'ai hâte.)

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 23:30
- Publié dans : l'assistantesociale - Par assistantesociale

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C'était une journée comme les autres. Réunion, rendez-vous, rendez-vous, rendez-vous, réunion, rendez-vous.

 

Les assistantes sociales vous le diront, c'est souvent le vendredi soir, vers 16h30 que les situations les plus sympathiques frappent à la porte du service social. Pour ma part, je n'ai pas trop à me plaindre : évoluant dans le monde de l'entreprise, ça fait bien longtemps que je ne me suis pas retrouvée avec un enfant sur les bras à placer en urgence.

 

Pourtant c'est bien ce soir, à 16h30, que Monsieur M. est arrivé. Monsieur M., un peu gentil, un peu simplet, avait quitté l'hôtel dans lequel il habitait depuis des années pour louer un petit studio qu'il avait dû à son tour quitter car la Préfecture avait ordonné au propriétaire de faire les travaux nécessaires avant de le louer. Seul au monde, il avait passé les quelques nuits dans un hôtel miteux et avait y dépensé ses derniers euros.

 

C'est vers 17h que j'ai compris : Monsieur M. allait passer son week-end de Pâques dehors et il dormirait sur un banc.

 

C'est ainsi que j'ai eu la joie de renouer avec le Samu Social.

 

(Vous êtes bien en ligne avec le Samu Social, toutes nos lignes sont actuellement occupées, nous vous remercions de bien vouloir renouveler votre appel ultérieurement-Vous êtes bien en ligne avec le Samu Social, toutes nos lignes sont actuellement occupées, nous vous remercions de bien vouloir renouveler votre appel ultérieurement-Vous êtes bien en ligne...ça va, j'ai compris .)

 

A 17h30, alors que j'étais en train de me dire qu'il valait mieux lui conseiller de s'acheter une couverture polaire, un miracle s'est produit.

 

"Allô, oui bonjour, je suis le collègue de Monsieur M., je sais qu'il dort dehors en ce moment. Je ne peux pas le laisser comme ça, il n'a qu'à venir chez moi."


J'ai dû le faire répéter deux fois pour être sûre d'avoir bien compris.

 

C'est sur ces entrefaites que j'ai quitter mon bureau vers 17h45, bien décidée à laisser Monsieur M. et tous les autres derrière moi, en allant chercher n°2 au centre de loisirs.

 

En arrivant sur le quai du métro, j'ai vite deviné qu'un truc ne tournait pas rond.

 

"Blablabla...accident de voyageur sur la ligne... trafic suspendu pour une durée indéterminée..."


Ne paniquons pas. Le centre de loisir ferme à 18H30. Rationalisons. Mon mari est au boulot, n°1 n'a pas de portable...J'ai le temps de rentrer à pied. Il y a une trotte, mais ça se tente, je l'ai déjà fait en 45 minutes.

 

Me voilà partie dans un semi-marathon. Au bout d'un kilomètre ou deux, je croise une borne de vélo, et là je me dis que youhou, vive les vélib', j'irai deux fois plus vite.

 

Bon, ça fait un bail que je n'ai pas pédalé. Que je n'ai pas fait de sport, non plus. J'avais justement décidé d'en faire ce week-end, ça me fera un genre d'échauffement.

 

Et oh ! Mon dieu ! J'avais oublié à quel point il fallait grimper pour rentrer chez moi.

 

Je slalome tantôt sur les trottoirs (je sais c'est mal -pas plus tard qu'hier j'ai failli incendier un cycliste qui a m'a quasiment renversée sans sourciller- mais moi je dois récupérer mon fils, une urgence majeure, c'est différent), tantôt entre les voitures. Je m'imagine accidentée, embarquée aux urgences et mon fils en pleurs,  embarqué de son côté au commissariat.

 

Je pédale autant que je peux et ça ne doit pas être beaucoup, parce que j'ai bien l'impression de faire du sur place.

En nage,  alors que je  rassemble toutes mes forces pour gravir la côte,  mon siège se met à descendre, descendre, descendre, jusqu'à ce que je me retrouve avec le guidon au niveau du menton. (je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ça (à 8'54))

 

Alors qu'à côté de moi passent des vélibiens, arpentant la pente la jambe légère, en sifflotant.

 

Tel Bernard Hinault affrontant  le Mont Gerbier de Jonc, j'entame la dernière ligne droite, mes muscles sont tétanisés, j'ai le souffle court, je suis rouge écarlate.

 

L'heure tourne beaucoup plus vite que les roues de mon vélo.

 

Il me reste encore à affronter le trottoir bondé de la rue en sens unique que j'ai été dans l'obligation d'emprunter (j'ai dû passer mon code dans une vie antérieure - heureusement que je n'ai pas encore mon permis de conduire : je n'ose imaginer la même scène en voiture).

 

A 18h28, je franchis la porte de l'école. Je passe devant un groupe d'enfants sans même apercevoir mon fils parce que je le pense dans le préau.

 

Le pauvre gosse ne comprend pas et fond en larmes.

 

C'est sur des jambes flageolantes que je ramène l'enfant au bercail.

 

En arrivant, je suis surprise de trouver la porte ouverte. C'est que mon mari a finalement travaillé depuis la maison, aujourd'hui.

 

"Pourquoi ne m'as-tu pas appelé ?" me demande t-il alors que je lui conte mes mésaventures, "J'aurais pu aller le chercher".

 

Plutôt que d'aller courir, demain matin, je crois que je vais plutôt me reposer. Et méditer sur tout cela.

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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 14:14
- Par assistantesociale

Vous pouvez aussi me retrouver là (cliquez sur l'image)

 

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Je reviendrais ici, de temps en temps. En attendant, vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : valerie.agha@gmail.com

 

à bientôt, ici ou là !

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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 16:06
- Publié dans : l'assistantesociale - Par Valérie AGHA

(retrouvez cet article sur le Plus du Nouvelobs)

 

C’est l’histoire d’une rencontre sur internet comme il s’en produit des milliers chaque jour.

 

Une histoire banale.

 

Enfin, presque.

 

Ca se passe au mois de juillet. Christiane me contacte via mon blog avec le message suivant :

 

« Ma fille est assistante sociale et j’aimerais lui offrir votre livre pour son anniversaire. Pourriez-vous le lui dédicacer ? Elle s’appelle comme vous, à un H près : Valérie AGA*, c’est drôle, non ? »

 

Et Christiane me raconte.

Après plusieurs années passées en région parisienne, où nous nous sommes peut-être croisées sans le savoir, Valérie est repartie vivre dans sa Moselle natale, auprès de ses parents. C’est là qu’elle a rencontré celui qui est devenu son époux en septembre 2010. La naissance de leur petite fille, Raphaëlle, est prévue un mois plus tard. Tout comme la signature du crédit de leur maison.

D’autres coïncidences me lient à Valérie AGA : même âge, même signe zodiacal. Valérie habitait dans la commune où j’ai commencé à travailler au moment où j’y exerçais. Et bien sûr, nous avons la même passion pour notre profession. Et puis, lorsque j’ai vu la photo de Valérie, j’ai été interpellée par cette douceur dans le regard, j’ai deviné une envie d’embrasser le monde que l’on ne croise pas si souvent.


Capture d’écran 2011-12-09 à 16.19.28


 

Je trouve alors la démarche de cette maman attentionnée vraiment touchante et ses similitudes entre sa fille et moi un peu surprenantes.

 

J’envoie un message à imprimer et à coller dans le livre de mon homonyme. Et j’attends le jour J, espérant recevoir des nouvelles de ma correspondante.

 

Mais le jour de l’anniversaire de Valérie, voilà le message que je reçois :

 

« Valérie n'a pas lu votre livre, elle vient de décéder le jour de son anniversaire, emportant avec elle la petite fille qu’elle attendait - elle était contente du cadeau et j'avais mis vos "bisous" en page de garde. »

 

J’ai d’abord cru, il faut que je l’avoue à Christiane, à une mauvaise blague. Mais j’ai fini par comprendre que la vie pouvait réellement écrire le pire des scénarios qui soit. Celui qu’on trouverait tiré par les cheveux, dans un film.

 

C’est l’histoire d’une rencontre sur internet.

 

Une rencontre presque banale.

 

Je n’ai jamais eu la chance de rencontrer Valérie. Je crois nous nous serions bien entendues.

 

Il n’y a que ce H qui nous sépare, mais pas tant que ça. Et un livre. Tout juste déballé, à peine feuilleté.

 

 

* Le nom a été légèrement modifié, afin d’en préserver l’anonymat.

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